vendredi 16 janvier 2026 à 19h
Rencontre avec Monique Pinçon-Charlot
L'Union Départementale CGT de la Sarthe, en lien avec les ami·es de l'Humanité et la FSU, organise une soirée conférence-débat avec l'autrice et sociologue Monique Pinçon-Charlot, le :
vendredi 16 janvier 2026 à partir de 19h, Salle Jean Carmet - 72700 Allonnes.
Si nous avons souhaité organiser cette rencontre, ce n'est pas seulement pour parler d'écologie au sens étroit du terme. C'est pour parler de travail, de salaires, de services publics, de démocratie, et surtout de la question centrale : qui décide réellement de l'avenir de la planète ?
Depuis des années, le discours dominant tente de faire porter la responsabilité du dérèglement climatique sur les comportements individuels, les modes de consommation ou les « petits gestes » du quotidien. Le travail de Monique Pinçon-Charlot démonte radicalement cette logique culpabilisatrice. Les faits sont pourtant éloquents : la moitié de la population mondiale ne produit qu'une part marginale des émissions de gaz à effet de serre, tandis que les 10 % les plus riches concentrent près de la moitié des émissions mondiales.
Ce n'est pas le monde du travail qui détruit la planète. Ce sont celles et ceux qui détiennent le capital, qui décident de produire, d'investir, de délocaliser, d'exploiter et de polluer.
Ce que montre ce livre avec force, c'est que le chaos climatique n'est pas une dérive ou un accident, mais le produit logique du capitalisme. Un système fondé sur la recherche du profit maximal, l'exploitation du travail, la prédation des ressources naturelles et la financiarisation de tout, y compris du vivant. Aujourd'hui, l'énergie, l'agriculture, la santé, l'éducation et même le climat sont soumis aux logiques du marché. Ceux qui s'attaquent aux services publics sont les mêmes qui détruisent les conditions d'habitabilité de la planète.
Face à cela, on nous vend l'illusion d'un capitalisme « vert », censé permettre une transition écologique sans toucher aux profits ni remettre en cause la propriété privée des grands moyens de production. Le livre montre exactement l'inverse : le capitalisme vert prolonge le capitalisme fossile, crée de nouveaux marchés (carbone, métaux rares, crédits verts), aggrave l'exploitation des travailleurEUSEs ici et ailleurs, et détruit toujours plus de territoires. Ce n'est pas une transition juste, mais une reconversion des profits.
Monique Pinçon-Charlot rappelle également que l'oligarchie n'est pas une simple addition d'individus riches, mais une classe sociale organisée, consciente de ses intérêts, coordonnée à l'échelle nationale et internationale. Pendant que le monde du travail est fragmenté, précarisé et mis en concurrence, les profits explosent.
L'un des messages les plus forts de ce livre, c'est que la crise que nous vivons n'est pas seulement celle du capitalisme, mais aussi celle du rapport de force et de la critique du système. Pourtant, une vérité syndicale demeure : ce sont les travailleuses et les travailleurs qui font tourner l'économie réelle. Les riches sont puissants, mais ils ne produisent rien sans le travail.
Cette rencontre est donc essentielle pour relier les luttes sociales, syndicales et écologiques. Elle nous rappelle que ce qui a été construit par le capital peut être défait collectivement, que la transformation écologique ne se fera pas contre le monde du travail, et qu'il n'y aura pas de justice climatique sans justice sociale.
Source : message reçu le 6 janvier 13h

